dimanche 27 mars 2011

Livre - H - Sainte Geneviève : La fin de la Gaule romaine - Joël Schmidt

 


La vie de sainte Geneviève, née en 423, ne correspond pas à
l'image naïve et réductrice de la jeune bergère gardant ses
moutons sur la colline de Nanterre. Femme d'affaires avisée au
sens politique hors norme, elle résista aux Huns d'Attila
menaçant Paris. Franque d'origine, elle fut l'âme de la
conversion du roi des Francs Clovis au christianisme et une
actrice majeure de la naissance de la France autour de la
basilique Saint-Denis. Dans un monde romain s'effondrant
tragiquement sous les coups des "barbares", elle fut un repère
d'une grande stabilité. Par cette biographie alerte, Joël Schmidt
restitue à la sainte patronne de Paris sa juste densité politique
et historique.

 

 

Couverture :
Portrait de la sainte patronne de Paris devant l'Hôtel de Ville et l'île de la Cité. Sainte Geneviève qui tient de la main droite un cierge et de la main gauche un livre
Peinture anonyme de l'école française du XVI ème siècle, musée Carnavalet, Paris

 

Selon la tradition, le tombeau de sainte Geneviève est placé auprès de celui de Clovis dans la crypte de l’église Saint-Pierre-Saint-Paul (future abbaye Sainte-Geneviève de Paris), construite par le roi des Francs. Vers 630, saint Éloi orne le sarcophage de pierre de la sainte de plaques d'or, finement ciselées, et de pierres précieuses. 

Livre - H - Grégoire de Tours, historien des Francs - Joël Schmidt

 Né en 538, vingt-sept ans après la mort de Clovis, Grégoire de Tours a vécu à une époque charnière entre la fin du monde antique et les débuts du Moyen Âge. D’origine gallo-romaine auvergnate, ce fils de sénateur et descendant d’évêque s’est rapidement tourné vers la religion chrétienne comme vers une lumière d’espérance, à une époque marquée par les meurtres incessants, les conflits fratricides et parricides des descendants de Clovis.
À la tête de l’évêché de Tours, Grégoire est au cœur de l’histoire de son temps. Il intervient dans la politique, dans la négociation des traités et des successions, tentant d’apporter le secours de sa piété, de sa charité et de sa miséricorde, mais aussi de son autorité et de son intransigeance.
Témoin direct et observateur indirect, Grégoire transmet à sa manière, dans la soumission totale aux signes de Dieu, aux saints et aux miracles, l’épopée dramatique et désordonnée de son temps. 


Grégoire de Tours sur KTO


Une figure passionnante, mais méconnue de notre histoire religieuse : Grégoire de Tours. Évêque de Tours du 6e siècle, c´est un grand historien et un grand amateur de la vie des saints et des martyrs. Si Saint Martin est encore un grand saint populaire, c´est grâce à Grégoire, et si nous savons que Clovis a cassé le vase de Soissons, c´est aussi grâce à lui. Partons donc à sa découverte, en compagnie de nos deux invités : Bruno Dumézil, historien, spécialiste du haut Moyen Âge, et Sylvie Joye, maître de conférences en Histoire médiévale. La Foi prise au Mot du 12/02/2017.

Livre - H - Clovis - Michel Rouche

Penser le baptême de Clovis avec les catégories qui sont les nôtres et voir dans cet épisode la naissance d'une France tout entière catholique dès le Vie siècle, c'est commettre un anachronisme majeur.
En 496 - ou 498, voire, plus vraisemblablement, en 499 - aucune nation n'émerge des ruines de la romanité, et la conversion du roi et de sa garde personnelle n'entraîne pas celle d'une Gaule qui reste largement le cadre de la France actuelle. Le baptême de Reims - au demeurant sincère et précédé d'une longue réflexion personnelle - est néanmoins capital parce qu'il met un terme à un siècle de désordres et d'invasions, alors que l'unité romaine est rompue.
En faisant le choix du catholicisme qui prend la suite de l'universalisme romain, et non celui de l'arianisme, religion de tous les autres rois barbares, Clovis rejette la confusion du spirituel et du temporel ; en faisant fusionner les coutumes barbares et le droit romain, il combat les particularismes et permet l'intégration, à égalité, des nouveaux venus ; En tournant le dos aux croyances et aux pratiques germaniques (solidarités lignagères, vendettas, ségrégation selon le sang, coutumes juridiques reposant sur la force), ce général de l'armée romaine fonde un ordre politique sauvegardant ce que Rome avait de meilleur et infuse un sang neuf à l'élite gallo-romaine.

La Foi de Clovis

Le roi des Francs Saliens, installés au sud de l'actuelle Belgique, n'était au début qu'un roitelet régnant sur une tribu germanique aussi pauvre en hommes qu'en biens et ne pouvait se prévaloir de l'ascendance prestigieuse du roi des Ostrogoths ou de celui des Burgondes.
Plus qu'à sa naissance et à sa puissance, il dut alors pour compenser ces faiblesses, corriger ses erreurs et réparer ses défaites, s'en remettre à son habileté et tirer profit des liens noués depuis longtemps par sa famille avec les Gallo-Romains.
Il eut aussi le réalisme de faire alliance avec quelques-unes des grandes figures religieuses du temps (Remi de Reims, Avit de Vienne et autres moines et évêques promoteurs d'un christianisme rénové) et de solliciter l'aide de deux femmes d'une envergure exceptionnelle - et celles-ci occupaient dans le monde germanique une place prééminente - : Geneviève, chef spirituel et politique d'une cité à la valeur stratégique et symbolique considérable, Paris ;
Clotilde, princesse burgonde qui devint sa femme et le rattacha aux plus illustres dynasties des nouveaux royaumes.
Tout inachevée qu'elle fût à sa mort (511), son œuvre fut décisive. Certes, il fallut après lui des siècles pour parfaire, non sans rechutes, sa construction politique, mais c'est bien de lui que procède la physionomie de l'Europe aujourd'hui.

Clovis et les Mérovingiens


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Michel Rouche, professeur à l'université de Paris IV-Sorbonnes, est spécialiste de l'Antiquité tardive et du haut Moyen-Âge.


Bruno Dumézil : "Paris au temps de Clovis et de Sainte Geneviève"

La Foi de Clovis

La Foi de Clovis. De toutes les images de l'Histoire de France, celle du baptême de Clovis nous apparaît bien plus qu'un symbole : un événement fondateur, un événement inaugural qui, bien des siècles plus tard, le 1er juin 1980, fit dire au pape Jean-Paul II : « France, fille aînée de l'Eglise, qu'as-tu fait des promesses de ton baptême. » Mais que sait-on exactement de Clovis et de son fameux baptême ? Quelle était la situation du christianisme à cette époque ? La conversion du roi fut-elle sincère et quels rôles ont joué Remi de Reims et Clotilde ? Plongeons à la charnière des Ve et VIe siècle avec Christophe Dickès et son invité, le médiéviste Bruno Dumézil.

Livre - H - Clotilde. Epouse de Clovis - Anne Bernet

 


Quelle place, dans la Gaule du Ve siècle finissant, l'un des plus cruels que l'Occident ait connus, une femme, même princesse, pouvait-elle tenir ? Aucune, en principe, dans un univers entièrement dominé par la violence et la sauvagerie des hommes... Pourtant, lorsque, à vingt ans, Clotilde, princesse burgonde et catholique, accepte d'épouser le jeune roi païen des Francs, Clovis, elle ne doute pas un instant d'avoir un rôle déterminant dans l'histoire de l'Occident chrétien. Petite fille, épargnée par pitié lors de l'assassinat de ses parents, elle est destinée, dans l'esprit de l'oncle meurtrier qui l'a élevée, à devenir le pion docile d'une vaste stratégie diplomatique au sein d'un monde en pleine recomposition, où des souverains barbares ambitionnent de se tailler des royaumes. Clotilde, d'emblée, refuse le personnage qui lui a été assigné pour jouer le sien. Restée fidèle au catholicisme en dépit des pressions de son entourage arien hérétique, elle deviendra l'alliée de l'Église et conduira, malgré les épreuves, Clovis, son époux, à la foi de Rome, décidant ainsi du destin de la France. Veuve à trente-cinq ans, Clotilde est confrontée aux haines et aux rivalités qui minent sa famille et se retrouve complice involontaire des crimes de ses fils, prisonnière des vengeances familiales et des obligations de la charge royale. Douloureusement atteinte par des deuils répétés, elle se retire dans un monastère de Tours où elle finit sa vie, en 545, dépouillée de toute vanité terrestre. Malgré ses erreurs et ses fautes, la première reine de France incarne avec force le rôle missionnaire, pacificateur et civilisateur de la femme chrétienne.

samedi 26 mars 2011

Livre - H - Saint Martin. L´Apôtre des Gaules - Guillaume Hünermann

 


Abbé Guillaume Hünermann

Martin de Tours a bien mérité son surnom d'apôtre des Gaules : dix-sept siècles après lui, près de deux cent cinquante communes et trois mille sept cents églises de France portent son nom. Pourquoi cette gloire posthume ? L'auteur nous en donne la clé en racontant, avec sa verve coutumière, l'étonnant destin de celui qui fut officier romain, moine et évêque. Et il ressuscite avec brio Martin évangélisant les campagnes gauloises encore plongées dans les ténèbres du paganisme.

Dans cette biographie vivante, les lecteurs apprécieront de retrouver le visage attachant du cavalier qui partagea son manteau, du moine épris de solitude, et de l'évêque aux côtés de toutes les détresses.

 


Guillaume Hünermann, prêtre et écrivain d'origine allemande aujourd'hui décédé, a publié de nombreuses biographies de saints alliant une rigoureuse fidélité historique à un style pittoresque et romancé. 

 

MARTIN DE TOURS soldat, moine, saint

 

Livre - H - Martyrs de Lyon : 177 après Jésus-Christ - Joël Schmidt

 

Lorsque débute la persécution contre les chrétiens de Lyon en 177, l'empereur Marc Aurèle règne depuis 161. Personne, dans l'Empire romain, n'aurait pensé qu'un souverain de cette dimension intellectuelle et morale, formé à la philosophie grecque stoïcienne et épicurienne, figure de sagesse, se montrerait soudain intraitable à l'égard des chrétiens d'Occident. Cette année-là, sans doute parce qu'il s'inquiète du prosélytisme des chrétiens perçu comme un danger, il ne se contente pas de persécutions épisodiques sur dénonciation, il approuve par son silence persistant et odieux les atrocités antichrétiennes de ses représentants romains. La Gaule a été encore pourtant peu touchée par le christianisme jusqu'à cette époque, mais des chrétiens d'Orient et de Rome, voyageurs ou commerçants, ont débarqué à l'embouchure du Rhône, sans doute à Massalia (Marseille), ont remonté le fleuve et ont essaimé jusqu'à Lyon, la capitale des Gaules. Ils ont formé une communauté chrétienne active qui a répandu la nouvelle religion dans tout le pays et un évêque, Pothin, a pris sa tête Avec le talent d'historien qu'on lui connaît, Joël Schmidt retrace le destin tragique de ces témoins, obscurs ou plus connus, qui ont payé de leur vie leur appartenance à la foi chrétienne.

 

Au cœur de l'histoire: Les martyrs de Lyon (Franck Ferrand)

 

Livre - H - César - Eberhard Horst



 La carrière et le destin de César - dont le nom devait plus tard rayonner au-delà des frontières de l'Empire romain pour désigner, dans les langues des peuples barbares, le roi ou l'empereur - ont trop souvent été présentés par les historiens et les biographes comme une nécessité historique. En s'appuyant sur toutes les sources dignes de foi accessibles au chercheur, Eberhard Horst s'est employé à démontrer la fausseté de cette idée reçue. Il décrit et analyse les points de rupture dans la carrière du général et de l'homme d'Etat, les contre-courants qui faillirent l'emporter, les défaites auxquelles il ne survécut que par miracle, les victoires qu'il ne dut qu'à sa chance. Au cours de ses campagnes, César ne représentait pas seulement pour les peuples soumis un général vainqueur, mais le symbole de Rome : César était Rome. Ce regard des vaincus s'avéra déterminant pour la suite de sa carrière : César s'identifia lui-même à Rome, et lorsqu'il sauvait Rome, César sauvait aussi César. Cette imbrication est une autre " découverte " de la biographie d'Eberhard Horst, tout comme l'extraordinaire impatience de César - qui se jetait avec une audace frisant l'inconscience dans les actions et les situations les plus périlleuses. Seule une chance incroyable empêcha les campagnes d'Egypte et d'Afrique, par exemple, de tourner à la catastrophe. Sur les champs de bataille comme dans la vie politique, César s'efforça toujours de conserver l'initiative : c'est là que réside le secret de son succès.

Vocabulaire - Syndrome de l'imposteur

 Les personnes atteintes du syndrome de l'imposteur, appelé aussi syndrome de l'autodidacte, phénomène de l'imposteur, expérienc...