samedi 2 avril 2011

Livre - H - Saladin - Anne-Marie Eddé

 

Pour le monde arabo-musulman, Saladin est une figure mythique : de Nasser à Saddam Hussein, nombreux sont les dirigeants du XXe siècle qui se sont réclamés de lui, nombreux les poètes et les artistes qui ont exalté sa mémoire. A Damas, son mausolée est aujourd'hui encore un lieu de pèlerinage. En Occident aussi, une véritable légende s'est construite autour de ce sultan kurde (1137-1193) devenu champion de l'islam et souverain d'un immense empire. Par-dessus tout, il est celui qui sut reprendre Jérusalem aux croisés et susciter chez ses adversaires chrétiens, notamment Richard Coeur de Lion, un sentiment proche de l'admiration. Dans cette biographie nourrie aux meilleures sources, Anne-Marie Eddé a voulu comprendre la formidable popularité qui fut celle de Saladin, une popularité à laquelle il veilla toujours de très près. Une propagande inlassable encensait le sultan, défenseur de l'islam, serviteur fidèle du calife de Bagdad, parangon de justice, magnanime et généreux envers ses sujets comme envers ses ennemis... S'efforçant de faire la part de l'imaginaire et de la réalité, Anne-Marie Eddé replace le personnage dans l'époque tourmentée qui fut la sienne. Elle décrit l'ascension d'un homme doté d'un grand sens politique, qui parvint à étendre sa domination sur un territoire allant du Nil à l'Euphrate et du Yémen au nord de la Mésopotamie ; un homme authentiquement intéressé par la vie religieuse, soucieux d'appliquer la loi musulmane, sans concessions mais sans excès non plus, notamment à l'égard des communautés juives et chrétiennes qu'abritait son empire ; un homme qui fut un guerrier infatigable, mais aussi un administrateur doué d'une prodigalité qui faisait le désespoir de ses proches. Un homme, enfin, qui montra autant de volonté dans la maladie, le deuil et les combats déçus que sur les chemins de la gloire.


Anne-Marie Eddé est une historienne médiéviste, spécialiste du proche-orient et des croisades.
Elle est née au Liban, au sein d'une famille qui compte dans ses membres plusieurs ministres. Elle s'installe à Paris en 1968 et y réétudie l'arabe.
Après une formation historiographique générale, et une maîtrise menée avec Pierre Vidal-Naquet, elle s’oriente (sous la direction de Dominique Sourdel et dans le cadre d'une collaboration avec Claude Cahen) vers le monde arabo-musulman.
Elle est nommée maître de conférences à l'Université Paris IV Sorbonne puis professeur d'histoire médiévale à l'Université de Reims.
Elle devient ensuite directrice de recherche au CNRS où elle dirige l'Institut de recherche et d'histoire des textes, avant d'être élue professeur d'histoire médiévale à l'Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne 3.
Ses travaux portent sur la politique, la société et l'économie de la Syrie médiévale, Saladin et les Ayyoubides, la représentation du pouvoir et les rapports entre croisés et musulmans en Terre sainte.

Gouverner en Islam Xe – XVe siècle

 

Livre - H - Pierre l'Ermite et la première Croisade - Jean Flori

 

Pourquoi la croisade ? Qui l'a voulue ? combien ont-ils été à prendre la route et quels ont été leurs chefs ? Les réponses à ces questions - et à bien d'autres - passent toutes par l'évocation d'un personnage clef, Pierre l'Ermite, figure familière des manuels de nos grands-parents mais à présent négligée par nombre d'historiens.
Or une critique serrée des textes montre bien qu'il y eut dès le début, derrière une unité de façade, une large diversité de mobiles et de buts, Si le pape voulait d'abord affermir son contrôle sur l'Église et sur la société, si les Grands entendaient se tailler outre-mer des principautés, les plus humbles, fussent-ils chevaliers, croyaient fermement qu'ils allaient à Jérusalem pour livrer, avec le Christ revenu, le combat final pour instaurer le royaume de Dieu sur la terre,
Et c'est Pierre l'Ermite, prédicateur ardent, souvent fanatique, qui sut mettre ces masses en mouvement pour les mener vers la cité sainte ; lui dont les harangues déclenchèrent les massacres de juifs dans les villes d'Allemagne ; lui qui inlassablement releva les énergies afin que l'entreprise reste - pour le meilleur et pour le pire - ce qu'elle était au départ : une affaire spirituelle, une guerre sainte, II ne pouvait à la longue manquer d'apparaître comme un gêneur
Voilà pourquoi les sources, toutes cléricales, le tiennent en suspicion, occultent son rôle et vont jusqu'à le dénigrer, Pourtant l'histoire de la " première croisade " ne saurait se dispenser d'une profonde réévaluation de l'action de ce chef charismatique au courage exceptionnel et à la popularité immense.
L'aisance avec laquelle se déploie l'érudition fait de ce livre capital la plus captivante des enquêtes en remettant radicalement en cause d'interprétation traditionnelle de la croisade et de ses sources.

Docteur d État ès lettres et sciences humaines (1983), Jean Flori, directeur de recherche au CNRS depuis 1987, a travaillé à l'Institut universitaire de la recherche scientifique de Rabat de 1987 à 1992. Membre dit (.entre d'études supérieures de civilisation médiévale de Poitiers, il est spécialiste de l'histoire des idées et des idéologies, en particulier de la chevalerie, de la guerre sainte et de la croisade.

Livre - H - La dernière croisade - Xavier Hélary

 


25 août 1270 : Saint Louis s'éteint dans le camp de l'armée croisée, près de l'ancienne Carthage. Partis au début du mois de juillet d'Aigues-Mortes, les barons et les chevaliers qui ont pris la croix à la suite du roi de France débarquent à Tunis quelques jours plus tard.
Paralysés par l'attente toujours différée du roi de Sicile, épuisés par les chaleurs de l'été tunisien, les croisés sont rapidement décimés par la maladie qui emporte le roi et plusieurs hauts personnages.
Après quelques combats menés pour sauver les apparences, l'armée rembarque au mois de novembre. La destruction de la la flotte dans un port sicilien par une tempête empêche l'expédition de se poursuivre en Terre sainte. Les survivants n'ont plus d'autres choix que de rentrer en France.
Entreprise à grands frais, précédée de nombreux préparatifs de toutes sortes, la huitième et dernière croisade s'avère un échec complet.
C'est le récit d'un désastre qu'entreprend ce livre, depuis la prise de croix de Saint Louis en 1267 jusqu'au retour des croisés au printemps 1271. Un désastre à méditer en ces temps de crispations et de confrontations.


Saladin et les croisades

Saladin et les croisades Rencontre avec : Vanessa Van Renterghem, Maîtresse de conférence à l’Inalco, chercheuse à l’Ifpo entre 2010 et 2014. Elle est notamment l’auteure de "Muhammad, le prophète de l’islam" (en collaboration avec Annliese Nef, Paris, La documentation française, 2011).


Livre - H - Libérer Jérusalem. La première croisade, 1095-1107 - Jacques Heers

 

C'est l'histoire d'une seule croisade, la première, déclenchée par la prédication d'Urbain II à Clermont en novembre 1095, qui allait lancer les foules et les barons vers la Terre sainte.
Une expédition totalement différente de celles qui suivirent. C'était la croisade de conquête et de libération, alors que les croisades postérieures seront de défense et de conservation.
Ce fut une aventure absolue, hasardée, un formidable élan désordonné, souvent inconscient, qui déborda largement les calculs du pape.
Jacques Heers raconte d'une part l'événement fondateur, la mobilisation et le rassemblement des croisés (quatre armées " régionales " au lieu de l'armée unique prévue par le pape), l'enthousiasme des foules entraînées par une autre prédication, celle des ermites, des vagabonds porteurs de rêves messianiques, des imposteurs aussi qui jettent sur les routes, avant même les armées, un peuple hétéroclite de pèlerins voués au désastre. Il met l'accent d'autre part - et c'est l'un des grands intérêts de ce livre -, sur les arrière-plans sociaux, mentaux et spirituels, sur le climat d'une entreprise tellement inédite et déraisonnable.
Puis Jacques Heers décrit les longues marches à travers l'Europe centrale et les déserts d'Anatolie, les querelles byzantines devant Constantinople, les sièges interminables, la découverte de l'Orient. La croisade désordonnée, pathétique des " pauvres gens " n'aura qu'un temps.
Fourvoyée par des meneurs incapables ou indignes, ils se feront massacrer par les Turcs en octobre 1096. La vraie croisade, la croisade victorieuse, c'est celle des quatre armées accompagnées de milliers d'hommes, de femmes et d'enfants, démunis, sans vivres ni armes.
Elles n'atteignirent la Ville sainte que le 7 juin 1099, après plus de trois années d'épreuves, de disette, de combats, de conflits internes que seule la menace turque ou égyptienne parvenait à calmer momentanément.


La première croisade (1095) Royaume de France

27 novembre 1095, l'appel de Clermont : Urbain II lance la croisade. Un jour dans l'histoire sur Canal Académie de Christophe Dickès avec Jacques Heers (historien). 01.01.2005 « Il n'y a pas de recherche de terres, c'est absolument faux. Il n'y a pas non plus, de la part des seigneurs, de recherche de conquête de grandes principautés. Vous imaginez le comte de Toulouse qui est, après le roi, le principal personnage le plus riche du Royaume de France, il laisse tout et il ne retrouvera rien, il va rester là-bas. C'était certainement beaucoup plus agréable de régner sur le comté de Toulouse, avec le degré de civilisation et la richesse qu'ils avaient en eux, que d'aller courir une aventure dont certains ne sont pas revenus. » (Jacques Heers) Jacques Heers, directeur du département d'études médiévales de la Sorbonne et auteur de ''La première Croisade'' nous raconte les circonstances et le déroulement de la Première Croisade dans les toutes dernières années du XIe siècle. Le 27 novembre 1095, le pape Urbain II lançait son fameux appel à la Croisade lors du Concile de Clermont. Evènement majeur pour la chrétienté occidentale et orientale, il s'inscrit dans un contexte et une continuité méconnus que l'historien Jacques Heers dévoile pour nous.

 

 


Livre - H - La femme au temps des croisades - Régine Pernoud

 


Dix ans après La Femme au temps des cathédrales, la grande historienne du Moyen Age poursuit l'enquête an travers de l'épopée des croisades, qui passe, bien à tort, pour essentiellement masculine. Les croisades ne furent pas seulement affaire de batailles. Des familles entières allèrent s'installer en Terre sainte. Des bourgeoises ou des grandes dames, des femmes de commerçants ou d'artisans, des religieuses côtoyèrent les femmes turques, arméniennes, byzantines, subirent la rigueur des défaites, de l'esclavage, de l'exil. A travers archives et chroniques, en France et au Proche-Orient, Régine Pernoud a reconstitué ces destins dans cette fresque grandiose, où se poursuit aussi une réflexion sur la rencontre entre les peuples et les cultures.

 

 

La Femme au temps des Croisades

 

 

 

vendredi 1 avril 2011

Livre - H - Le Crépuscule et l'Aube - Ken Follett

 


En l’an 997, à la fin du haut Moyen Âge, l’Angleterre doit faire face à des attaques de Gallois à l’ouest et de Vikings à l’est. Les hommes au pouvoir exercent la justice au gré de leurs caprices, s’opposant non seulement au peuple, mais aussi au roi. Sans l’existence d’un État de droit, c’est le règne du chaos
Dans cette période agitée, trois personnages voient leurs destins s’entrecroiser. La vie du jeune Edgar, constructeur de bateaux, bascule quand la seule maison dans laquelle il ait jamais vécu est détruite au cours d’un raid viking, le forçant lui et sa famille à s’installer dans un nouveau hameau et repartir de zéro. Ragna, jeune noble normande insoumise, se marie par amour à l’Anglais Wilwulf et le suit de l’autre côté de la Manche. Cependant, les coutumes de la terre natale de son époux sont scandaleusement différentes des siennes. Tandis qu’elle prend conscience que dans son entourage se joue une bataille perpétuelle et violente pour le pouvoir, elle craint que le moindre faux pas n’ait des conséquences désastreuses. Aldred, moine idéaliste, rêve de transformer sa modeste abbaye en un centre d’érudition qui serait reconnu à travers toute l’Europe. Chacun d’eux à son tour s’opposera au péril de sa vie à l’évêque Wynstan, prêt à tout pour accroître sa richesse et son pouvoir.
Trente ans après la publication des Piliers de la Terre, vendu à plus de 27 millions d’exemplaires dans le monde, Le Crépuscule et l’Aube nous transporte dans une époque historiquement riche dans laquelle se confrontent ambition et rivalité, vie et mort, amour et haine, et nous conduit aux portes des Piliers de la Terre.


Avec “Le Crépuscule et l’Aube”, Ken Follett remplit consciencieusement son cahier des charges


Le crépuscule et l’aube
de Ken Follet est le prequel du livre à succès Les Piliers de la terre. On ne présente plus l’écrivain qui est un des plus célèbres auteurs de romans dans le monde. Plus de 170 millions d’exemplaires de ses 36 livres ont été vendus dans 80 pays en 33 langues. Le plus lu reste Les Piliers de la terre, saga romanesque sur fond de construction de cathédrales au XIIe siècle publié en 1990, il y a donc plus de 30 ans. Il publie une suite Un monde sans fin en 2008 suivi d’Une colonne de feu en 2017.

u début du roman, nous sommes en 997 dans un petit village d’Angleterre, le port de Combe. Comme dans un générique de film, les vikings attaquent, tuent, pillent et bousculent en quelques secondes le destin de quelques familles de pauvres paysans. La famille d’Edgar, jeune homme bien sous tous rapports, précurseur en quelque sorte de Leonard de Vinci dans une version plus rurale puis de Mac Gyver, doué pour construire des bateaux, des bâtiments, des ponts, un ingénieur doué et génial avant que il n’existe des écoles pour les ingénieurs, est ruinée. Elle se voit cependant confier quelques champs difficilement exploitables dans un village voisin Dreng’s Ferry. Mais  entre l’aubergiste Dreng qui maltraite son  personnel et vole les clients, le brigand « Masque de fer»  détroussant dans la forêt voisine, la rivière voie d’accès des vikings à moins que cela ne soit des gallois hostiles, sans compter le monastère local qui tombe en ruine, l’ambiance dans le village est plutôt malsaine !
De  l’autre côté de La Manche l’unique fille du comte de Cherbourg, Ragna, une jeune femme  de bonne famille  plutôt douée et déterminée connait ses premiers émois amoureux. Elle va être emmenée en Angleterre pour se marier avec un noble de passage, Wilwulf, qui supervise le territoire ou Edgar a atterri.

Les années 1000 : une époque agitée

Quelle époque ! Il y a bien un début d’ordre social avec un roi déléguant son pouvoir localement à un shérif  mais tous deux semblent en grande partie impuissants par rapport aux nobles locaux et au clergé complices pour s’enrichir en  exploitant les paysans.

C’est donc plutôt la sauvagerie à tous les étages. Les prisonnières de guerre sont transformées en esclaves domestiques ou sexuelles, les femmes sont souvent battues ou violées, les maris bafouent leurs épouses, les querelles entre hommes se règlent par des assassinats, les condamnés sont soumis à d’atroces tortures. Aux guerres intestines s’ajoutent les menaces aux frontières nécessitant régulièrement des campagnes guerrières. Et surtout, c’est un fantastique milieu à intrigues, à machinations et à mensonges.

Le crépuscule et l’aube : des personnages emblématiques

De cette fange, Ken Follet se plait à faire émerger de belles figures éprises de justice et d’humanité mais bien sur fortement contrariées dans leurs projets d’émancipation et de progrès par tous les méchants du roman. Outre Edgar et Ragna déjà cités, mentionnons aussi Aldred un moine idéaliste, ayant de véritables convictions spirituelles dans un clergé  gangréné par l’ambition.

Du coté des méchants, le lecteur a encore plus de choix ! Dans le village, le doyen Degbert et son frère le tavernier Dreng sont licencieux, avares, cupides. A un niveau hiérarchique plus élevé, la bêtise brutale et gratuite de Wigelm, la tyrannie rusée, machiavélique de l’évêque Wynstan sont spectaculaires !   

Le savoir-faire de Ken Follett pour élaborer un page turner

Ken Follett est un maître incontesté du roman historique. Le contexte historique est particulièrement documenté. L’abondance de détails sur la vie quotidienne de l’époque facilite l’immersion du lecteur dans cette époque du haut moyen âge plutôt mal connue.

Les héros sont attachants. L’auteur n’hésite pas à nous faire partager leurs passions, leurs envies et même leurs désirs dans des scènes d’intimité.

Mais il y aussi un rythme efficace dans le roman. Les récits dans les  différents lieux s’entrelacent ménageant le suspens. La technique narrative se rattache à l’écriture du cinéma et des séries : description détaillées des scènes d’action, psychologie des personnages sans surprises et découpage s’accélérant  jusqu’au dénouement.

Chaque problème résolu, parfois par des moyens radicaux, de nouveaux événements ou conspirations imprévus surgissent, empêchant le lecteur de reprendre son souffle !  

Il faudra bien pourtant envisager un certain apaisement au bout des 850 pages. Le pont construit par Edgar rebaptise le nom du village de Dreng’s Ferry en King’s Bridge. L’action des Piliers de la terre se met en place !  

En l’an 1006, l’intelligence et le camp du bien semblent  l’emporter. Souhaitons leur bonne chance pour la suite car la route est longue !

 

Livre - H - Saint Bernard : L'art cistercien - Georges Duby


Saint Bernard n'a pas fondé l'ordre cistercien, mais il a fait son succès. Pendant les deux derniers tiers du XIIe siècle, à travers l'Europe entière, va s'édifier le grand bâtiment, le vaste chantier issu de Cîteaux. Et saint Bernard en est bien le patron, le maître d'ouvrage dont la parole a gouverné, comme le reste, l'art. Parce que cet art est inséparable d'une morale, qu'il incarnait. Mais si la parole de saint Bernard eut cette force de persuasion, si la congrégation qu'il animait put édifier ce qui voulait être la représentation visible d'une éthique et si cet édifice exerça tant d'influence sur la culture européenne, c'est que le siècle attendait cette parole, cette exigence morale, de rigueur, de renoncement et de dépassement. Car si la manière cistercienne de construire fut suscitée par l'enseignement de saint Bernard, elle le fut aussi par tout l'élan du XIIe siècle.

Vocabulaire - Syndrome de l'imposteur

 Les personnes atteintes du syndrome de l'imposteur, appelé aussi syndrome de l'autodidacte, phénomène de l'imposteur, expérienc...