Philippe
Charles Jacquet ressemble à
ses tableaux et ses tableaux lui ressemblent ,sans que l’on
sache jamais qui possède qui. Ces bâtisses navires tendues
vers le ciel, offertes aux caprices des atmosphères trouvent leur
place en des endroits insolites et majestueux . Comme
l’artiste, elles regardent vers l’eau, presque toujours.
Comme
lui Leurs façades sont faites de silences mais la vie crépite derrière
les murs, je la devine et la sens à travers cette baie vitrée qui
baille dans la nuit…Je vois cette lumière chaude,
brillante, vive ! Je sais désormais où se tapit le soleil
si timide dans ses tableaux! Autour de lui, au creux de son
atelier , des craquements de navire sous la tempête, des sifflements de
houle. Puis le jour, au dehors , une barque qui attend, la neige
dans un champ, une rivière, un appel à parcourir de nouveaux
paysages modelés au courant de la nuit.
Quand il s’égare et
cherche ses harmonies à naître, il croise une femme, un enfant
dans les herbes, il écoute palpiter, il pressent et il ressent les
nuages, les saisons, des gouttes de vie.
D’aurores en crépuscules, de brumes
en printemps, il décline les cieux, les landes et les marées au
rythme d’un sablier que l’on espère sans fin .
Les
oiseaux ont pris leur essor vers
d’autres chevalets laissant à la quiétude une place sacrée.
Il est facile d’imaginer le retour à
la toile, à pas lourds et lents sur la grève, pour goûter encore
jusqu’à la lie, se rappeler dans ses entrailles, s’enivrer de
tous ses sens. Demain de nouveaux cieux se miroiteront dans le sable
détrempé d’un tableau. Il rentre à la maison, avec sa solitude
d’artiste, croise un promeneur ou deux, mais toujours la nature, ses
reflets profonds, comme une obsession...
Comme
une terre jamais
explorée aux couleurs du premier matin du monde.
Philippe
Charles Jacquet est né le 5 novembre 1957 à Paris.