dimanche 2 mai 2021

Livre - Vénus érotica - Anaïs Nin

 


Vénus Erotica – de Anaïs Nin – Ou quand une femme écrit de la littérature érotique pour un homme.


1940. Un collectionneur privé commande à Henri Miller des écrits érotiques pour 1 dollar la page afin de satisfaire sa libido « intellectuelle ». Miller vit l’écriture sur commande comme une castration. Il demande alors à Anaïs Nin, son amante, de le remplacer. C’est ainsi que s’ouvre la voie de la littérature érotique féminine.

Pour contenter ce collectionneur, Anaïs Nin étudie alors le Kama Sutra, s’inspire des histoires que lui content ses amis, invente, exagère. Mais, le mystérieux commanditaire lui demande toujours moins de poésie et toujours plus de faits. « Les récits, rien que les récits, sans analyse ni philosophie ». Les histoires de Vénus Erotica sont donc écrites au départ pour divertir un homme aux fantasmes cliniques. Aussi, Nin n’y prend pas beaucoup de plaisir et croit compromettre sa féminité.

30 ans plus tard. Elle relit ses écrits et y décèle beaucoup d’elle-même, de sa plume sensuelle et féminine. Elle décide alors de les publier comme un geste militant ; Pour qu’enfin nous ayons le point de vue d’une femme sur l’érotisme, genre littéraire jusqu’alors quasi exclusivement masculin. Elle ne se reconnait pas dans les « crudités » érotiques de Miller et veut donner à entendre ses « ambiguïtés ». Nin raconte qu’à trop devoir se concentrer sur l’écriture d’une sexualité factuel, à devoir éliminer toutes formes de poésie et d’envolées lyriques, elle fut prise de violentes explosions de poésie. « Ecrire de l’érotisme devenait un chemin vers la sainteté plutôt que vers la débauche. »


Vénus Erotica
, c’est donc 15 nouvelles, 15 histoires de sexe extraordinaire. (A quoi bon raconter le sexe ordinaire, me direz-vous ?) Il ne s’agit pas d’une littérature réaliste mais bien d’une utopie de la sexualité. Chaque rencontre est une osmose, un voyage vers le cosmos, un orgasme volcanique. Ce livre est infiniment optimiste, un vrai remède à la morosité ambiante. Au fil des histoires, Nin se détache de sa contrainte première, qui est d’écrire les fantasmes d’un homme qui lui assène constamment « Laissez tomber la poésie ! ». Elle raconte alors nos fantasmes à toutes et surement à tous. N’est-ce pas l’utilité première de ce genre littéraire ?

Si l’acte sexuel est le centre de chaque histoire, il est le prétexte pour raconter des personnages, des caractères, des relations. Il y a autant de sexualité qu’il y a d’individus et Nin fait preuve d’une imagination débordante pour nous embarquer dans la vie sulfureuse de ses héros. Chaque nouvelle raconte un personnage à travers sa sexualité et parfois certains se rencontrent. Les nouvelles s’entremêlent. Anaïs Nin sait saisir les subtilités du désir, souvent féminin. Elle ose, en 1940, décrire la bisexualité féminine et, pour une fois, non dans le but d’exciter le lecteur homme mais bien pour raconter les désirs au féminin.

C’est là un des beaux paradoxes de l’histoire. La littérature érotique féminine est née d’une commande d’un « vieux en demande de félicités perverses » à une femme des plus romantiques qui écrit « Seul le battement à l’unisson du sexe et du cœur peut créer l’extase ». Dans la dernière nouvelle, Marcel, après « le quart d’heure passion » dans un bal de village (je vous laisse découvrir par vous-même ce qu’est « le quart d’heure passion ») conclut ainsi : « Ils préfèrent ça [le quart d’heure passion, donc] à l’acte lui-même. La plupart y prennent plus de plaisir. Ca le fait durer plus longtemps. Mais moi je ne peux plus le supporter. Laissons-les jouir de leurs sensations ; ils aiment être chatouillés, ils aiment rester assis là, les hommes avec leur verge raide et les femmes ouvertes et trempées de désir, mais moi, je veux en finir, je ne peux plus attendre. » Cela résume assez bien les divergences entre Nin et son commanditaire. Ainsi, de cette rencontre ont jaillit de très beaux textes à la fois sensuels et crus, poétiques et factuels. Et c’est ce qui donne à ces histoires un pouvoir d’excitation très fort au lecteur comme à la lectrice.

Enfin, Anaïs Nin conclut ce Vénus Erotica par: « Maintenant la guerre est déclarée, et des tas de gens vont mourir, sans rien connaître parce qu’ils refusent de parler de sexe. C’est ridicule ! » Libérer la parole, c’est libérer les corps. Mesdames, continuons sur le chemin ouvert par cette formidable autrice !

Livre - Jeanne d'Arc, le procès de Rouen - Jacques Trémolet de Villers

 Le 21 février 1431 s'ouvre l’un des plus fascinants et décisifs procès de l’Histoire: celui de Jeanne d’Arc.
Cette jeune fille de 19 ans, prétendue analphabète, hallucinée, hérétique, sera en moins de cent jours condamnée à être brûlée vive.


Dès le premier interrogatoire, les juges, Cauchon en tête, assènent les coups. Ils sont abbés, docteurs en théologie, familiers du droit canon, décidés à la faire plier.
Dès sa première parole, Jeanne, seule à la barre, déjoue les pièges des hommes d’Église et de loi. Elle fait preuve d’un ton libertaire, habile et plein d’humour qui les déstabilise par la force de sa sincérité.
Les voix, puisque c’est là l’essentiel, portent.
Cent jours durant, va se jouer, en cette froide salle d’audience, l’éternel combat de la vérité.
Tout procès se conclut dès la première audience. Jacques Trémolet de Villers, plaideur des plus importants procès politiques de ces dernières décennies, décrypte les paroles échangées et nous livre, en voix off, son commentaire jour après jour.
Il introduit son lecteur dans la salle, lui fait comprendre les convictions des parties, et surtout lui fait saisir le courage sensible du personnage de Jeanne, jusqu’à craindre l’issue…

ll y a du bon dans la procédure. Elle conserve, comme des pierres précieuses dans une châsse, un véritable trésor, et demeure en dernière analyse la seule raison sérieuse d’organiser la justice des hommes. Le texte intégral du procès, seul témoignage à faire véritablement entendre Jeanne, a été élaboré, de façon minutieuse, à partir des actes authentiques (les minutes conservées en latin et en français), vérifiés aux meilleures sources et complétés par les dépositions du procès d’annulation.

Histoire - Qu’est ce que la métaphysique ? - Annick Stevens entretien avec Adèle van Reeth

 Annick Stevens revient sur ce que représente la métaphysique pour Aristote au cours de cet entretien avec Adèle van Reeth.

Aristote voit le jour en 384 avant J.-C. A quelle sphère céleste, mais pourtant bien humaine, sa pensée peut-elle bien appartenir pour qu'elle puisse encore nous apprendre quelque chose aujourd'hui, nous donner à penser, à nous autres spectateurs du XXIe siècle ? Cette sphère de la pensée, c'est celle de la philosophie, qui, à travers l'histoire, donne un sens nouveau aux questions vieilles comme le monde qui nous habitent quotidiennement. Quelle est donc la pensée du philosophe que Dante appelle le "maître de ceux qui savent" ? C'est précisément la question de la constitution de ce savoir, ou plutôt de ces savoirs, qui préoccupe le stagirite dans tous ses écrits. Des textes difficiles mais dont la lecture nous donne accès aux deux mondes d'Aristote, celui des astres et celui des hommes, celui de la vie théorétique et celui de la vie pratique.

Pour écouter l’émission sur France Culture

 

 

Histoire - Aristote, le petit père des sciences - Annick Stevens et Pierre Pellegrin

 

Aristote, le petit père des sciences

En quoi Aristote était-il un savant multiple ? Disciple de Platon, précepteur d’Alexandre le Grand, quelle a été son histoire, ses périples ? Comment s’est-il détaché du platonisme en fondant le Lycée d’Athènes ? Quels ont été ses grands ouvrages ? Ses apports en philosophie et dans les sciences ?  

Il y a quelque chose de vertigineux à se pencher sur le legs d’Aristote. Dans une volonté que l’on qualifierait aujourd’hui d’holistique, le philosophe grec a tâché, méticuleusement, de décrire le monde et les règles qui le régissent, ici-bas, dans le monde infra lunaire, perfectible, soumis à des forces contradictoires, et là-haut, dans ce monde des astres absolu et permanent, celui de la quintessence. De la physique à la biologie, de la logique aux mathématiques, Aristote a – malgré lui – figé la conception scientifique occidentale pendant près de 2000 ans. Comment le lire, et comprendre son œuvre aujourd’hui ?

Aristote, le petit père des sciences : c’est le problème dont La Méthode scientifique va se saisir  dans l’heure qui vient.

Et pour évoquer cette pensée aristotélicienne et sa postérité, nous avons le plaisir de recevoir aujourd’hui Annick Stevens, professeure de philosophie à l’Université populaire de Marseille, traductrice de « La Physique » d’Aristote chez Vrin, et Pierre Pellegrin, directeur de recherche CNRS, au Centre d’histoire des sciences et des philosophies arabes et médiévales à Paris, également traducteur de la Physique chez Flammarion.

 Pour écouter l’émission sur France Culture

Philosophie - Les philosophes des Lumières, à la recherche d'un fondement naturel des institutions humaines - Annick Stevens

 


Les philosophes des Lumières, à la recherche d'un fondement naturel des institutions humaines

Présentation

Refusant tout présupposé théologique en philosophie, conscients par ailleurs des difficultés de l’idéalisme cartésien, les philosophes français du XVIIIe siècle ont emprunté à leurs prédécesseurs anglais une méthode empirique pour la connaissance, un fondement utilitariste de la morale et de la politique, et une explication scientifique du monde, que les plus radicaux ont menée jusqu’à la conception d’une matière homogène en perpétuelle évolution où tout se forme et disparaît suivant une dynamique strictement déterministe. 


Nous allons parcourir quelques-unes de leurs diverses propositions en mettant à l’épreuve leur cohérence et la profondeur de leur pouvoir explicatif. Par exemple : comment comprendre que la sensibilité soit une propriété générale de la matière ? Comment rendre compte de la volonté sans la liberté ? Existe-t-il vraiment des invariants de la nature humaine sur lesquels il soit légitime de fonder le droit et l’organisation politique ; et, si oui, comment concilier l’universalisme de l’espèce et les particularités culturelles ? Dans ce parcours, nous ne perdrons jamais de vue l’esprit des Lumières, suivant lequel toutes ces questions doivent avant tout servir l’objectif d’émanciper, d’instruire, de pacifier, de perfectionner l’humanité.

 


Pour tout renseignement complémentaire, écrire à : annick.stevens [at] posteo.net

Séance Date Chapitres Doc Audio Vidéo


Auteurs et oeuvres [doc]

1 16/09/2015 Introduction : les Lumières dans le contexte culturel du XVIIIe siècle
Une ontologie matérialiste
[notes] [textes] [mp3] (101 Mb) [vidéo]
2 23/09/2015 Une ontologie matérialiste (suite) [notes] [mp3] (105 Mb) [vidéo]
3 30/09/2015 Les facultés de connaissance [notes] [textes] [mp3] (96 Mb) [vidéo]
4 07/10/2015 Les facultés de connaissance (suite)
Une morale naturelle
[notes] [mp3] (117 Mb) [vidéo]
5 21/10/2015 Déterminisme et liberté [notes] [mp3] (102.5 Mb) [vidéo]
6 04/11/2015 L’origine des sociétés et l’histoire des civilisations [notes] [mp3] (118 Mb) [vidéo]
7 18/11/2015 L’origine des sociétés et l’histoire des civilisations (suite) [notes] [textes] [mp3] (120 Mb) [vidéo]
8 25/11/2015 L’origine des sociétés et l’histoire des civilisations (suite)
Les théories politiques et leur relation à la Révolution
[notes] [textes] [mp3] (106 Mb) [vidéo]

Humour - No comment


 

Histoire - Gallica

  Gallica est une université virtuelle d’histoire. Elle s’adresse aux collégiens, lycéens, étudiants et passionnés qui cherchent des informations. Les cours et les articles sont en accès libre et gratuit sur https://universitegallica.wordpress.com/articles/



L'Empire byzantin

Les sept cités de Cibola

Machu Picchu, l'aventure d'Hiram Bingham

La légion romaine

Les Mayas et les Espagnols

La France entre monarchie et république

Les voies romaines

1492, Colomb et l'Amérique

 


Vocabulaire - Syndrome de l'imposteur

 Les personnes atteintes du syndrome de l'imposteur, appelé aussi syndrome de l'autodidacte, phénomène de l'imposteur, expérienc...