samedi 26 mars 2011

Livre - H - Vercingétorix : Celui qui fit trembler César - Danielle Porte

 


Alésia, 52 av. J.-C. Un pays se soulève à l’appel d’un jeune homme. Moins de dix mois de lutte. La réussite, si proche… et la célèbre reddition du vaincu.
Les études sur Vercingétorix et César sont nombreuses. Pourtant la controverse actuelle sur l’emplacement d’Alésia pourrait remettre en cause bon nombre d’idées reçues sur le jeune Arverne. Entre les tenants de l’Alésia bourguignonne (Alise-Sainte-Reine) et les défenseurs d’une Alésia jurassienne, une âpre guerre s’est déclenchée.
Il ne s’agit pas là d’une simple affaire de spécialistes car l’appréciation que l’on peut porter sur Vercingétorix est intimement, absolument, irrévocablement liée à la question de l’emplacement d’Alésia. Dès lors qu’il n’est plus gibier mais chasseur, Vercingétorix acquiert une autre envergure, ses desseins une autre profondeur, sa lutte juvénile et généreuse une plus grave autorité. Et ce nouveau personnage mérite la découverte.
Dans un style alerte et savoureux, l’auteur examine une à une les pièces du dossier, en commençant par une relecture attentive de la Guerre des Gaules confrontée à des observations géographiques, archéologiques et stratégiques. Elle nous livre la biographie d’un Vercingétorix audacieux, énergique et fin stratège, qui aurait pu vaincre Rome.


En 52 avant Jésus-Christ, Jules César triomphe de Vercingétorix, assiégé dans Alésia. Le seul récit de la bataille est dicté par César : c'est La Guerre des Gaules.
L'histoire étant toujours écrite par les vainqueurs, les Gaulois y apparaissent indisciplinés, au final écrasés grâce au génie militaire du futur dictateur romain malgré des légionnaires en sous-nombre. Le destin de la Gaule est scellé. Vercingétorix incarne désormais la défaite d'une civilisation. Où s'est déroulée l'ultime bataille ? César ne l'a que sous-entendu.
Alors, il y a cent cinquante ans, Napoléon III tranche : c'est à Alise-Sainte-Reine, en Bourgogne, et nulle part ailleurs. Il fige ainsi l'image de Vercingétorix en piètre chef de guerre vaincu. Mais la vérité est tout autre. La bataille décisive d'Alésia s'est déroulée dans le Jura montagneux, porte de l'Helvétie. La disposition des lieux, les descriptions de César, les trouvailles archéologiques le montrent, définitivement, sans l'ombre d'un doute.
Alors, tout change. Non, Vercingétorix ne s'est pas trompé. Son plan génial est la marque d'un stratège accompli et César doit en partie sa victoire à la trahison d'alliés gaulois de Vincergétorix.Mais depuis le XIXe siècle, la thèse d'Etat demeure parole d'évangile : le ministère de la Culture n'autorise aucune autre hypothèse que celle du site " officiel " de Bourgogne. La direction de l'archéologie nationale interdit les fouilles sur le vrai champ de bataille. Au mépris de la sauvegarde du patrimoine et du génie d'une civilisation.



Danielle Porte 1946, Docteur d'État ès-Lettres, maître de conférences à l'Université de Paris-IV, Sorbonne, partage ses travaux entre la religion romaine, l'histoire ( époques de César et d'Auguste) et l'art lyrique. Elle est l'auteur d'une douzaine d'ouvrages, dont Les Naufragés du latin et, aux Belles Lettres, l'Etiologie Religieuse dans les Fastes d'Ovide (1985) et Roma diva (1987).
Elle publie "La Patricienne" (1990) sous le pseudonyme Flore-Hélène Vauldane.

Livre - H - La guerre des Gaules - Jules César

 


Un ouvrage unique en son genre, relation écrite par l'acteur principal du drame qu'elle fait revivre, et publiée pendant cette guerre de huit ans, à des fins de propagande personnelle : un tour de force, qui ne fut jamais répété. Cette histoire d'un conflit prolongé est un livre de combat, en même temps que le témoignage le plus ancien et le plus important sur les origines de la France, la Belgique, la Suisse, l'Allemagne rhénane et la Grande-Bretagne.
C'est bien un grand peuple celtique en pleine évolution que César a gagné à la civilisation latine, ce fut aussi une culture dont nous commençons à entrevoir l'originalité et le raffinement.





Probablement réalisé entre 49 et 46 avant Jésus Christ, au moment où Jules César fonde la colonie romaine d'Arles, ce buste a été découvert courant octobre 2007, au fond du fleuve du Rhône, dans une zone très peu fouillée du centre-ville.

 

 

 

 

La guerre des Gaules est une série de campagnes militaires menées par le proconsul romain Jules César contre plusieurs tribus gauloises. La guerre de Rome contre ces tribus dure de 58 à 51-50 av. J.-C., et aboutit à la décisive bataille d'Alésia en 52 av. J.-C., qui mène à l'expansion de la République romaine sur l'ensemble de la Gaule.

La division interne entre les tribus gauloises — militairement aussi fortes que les Romains — facilite la victoire de César, et la tentative d'unification des Gaulois par Vercingétorix contre l'invasion romaine ne survient que trop tard. Bien que César ait décrit cette invasion comme une action préventive et défensive, la plupart des historiens s'accordent à dire que la guerre est menée principalement pour stimuler sa carrière politique et pour lui permettre de rembourser ses dettes considérables. Cette guerre ouvre la voie à la guerre civile de César, qui le laisse seul dirigeant de la République romaine. Cependant, la Gaule est d'une importance significative pour les Romains, car ils ont été attaqués par divers membres des tribus natives de la Gaule et plus au nord. La conquête de la Gaule a permis à Rome de sécuriser la frontière naturelle du Rhin. Elle est décrite par César dans ses Commentarii de Bello Gallico, qui restent, concernant le conflit, la source historique la plus importante.


vendredi 25 mars 2011

Livre - R - Augustin et la sagesse - Lucien Jerphagnon


 À travers les livres, les mots et les siècles, saint Augustin continue de nous parler. À sa manière, il est bien cet éternel contemporain qui s'adresse au lecteur d'aujourd'hui. Car Augustin sait comme nul autre partager à la fois son parcours d'homme et de croyant, ses doutes et ses émerveillements, son angoisse devant la fin d'un monde et son espérance d'une cité nouvelle. Mais plus encore sans doute, comme le révèle ici Lucien Jerphagnon avec une complicité pleine d'humour, Augustin nous touche par sa quête éperdue de la sagesse, aux confins de la culture antique et de l'apparition du christianisme. Encore et toujours présent aujourd'hui, il intrigue, il interpelle, il force à réfléchir. Et il indispose les gens très sûrs d'être dans le vrai. À lire Augustin, le sage d'Hippone, on n'est plus le même...



Saint Augustin : Les Confessions

 


Lucien Jerphagnon
1921-2011 est un philosophe, écrivain et universitaire.
À la libération, il entreprend des études de théologie et de philosophie et rejoint l’Abbaye de Meaux. Il entame un chemin de prêtrise qui le conduira à être ordonné prêtre le 29 juin 1950.
Il poursuit ses études à l’École des Hautes Études et rédige son mémoire pour l’obtention de son diplôme, en Sciences religieuses avec un spécialiste du Jansénisme et du mysticisme, Jean Orcibal .
Il enseigne la philosophie au grand séminaire de Meaux de 1951 à 1961, date à laquelle il choisit de quitter les ordres. En 1962, il épouse Thérèse Noir (1934-2015).
Il devient chargé de recherche au CNRS (1961-1965). Il enseigne la philosophie au lycée Janson-de-Sailly à Paris et devient maître de conférences à l’Université de Besançon (1966-1970). Lucien Jerphagnon enseigne l’histoire de la pensée antique et médiévale à l’Université de Caen (1970-1984). Il prend sa retraite en 1984.
Il est lauréat du Grand prix de l’Académie française pour son ouvrage "Vivre et philosopher sous les Césars" (1980) et lauréat de l’Académie des Sciences morales et politiques pour son édition des "Œuvres de Saint-Augustin" dans la Pléiade (1998-2002).
Il est l'un des membres fondateurs du Centre international d’études platoniciennes et aristotéliciennes d’Athènes.
Spécialiste de la pensée grecque et romaine, auteur de nombreux ouvrages, il a été correspondant de plusieurs revues scientifiques étrangères.

Livre - H - Charlemagne - Georges Minois

 


À l'égal d'Alexandre, de César, de Napoléon, Charlemagne fait partie des géants de l'histoire qui ont laissé dans la mémoire collective une empreinte indélébile. L'empereur à la barbe fleurie a ainsi donné naissance à des légendes entre lesquelles la réalité historique est difficile à démêler.
Pourtant, le fils de Pépin le Bref a bel et bien existé et sa tombe, à Aix-la-Chapelle, est toujours en place depuis 814, à la jointure des mondes germanique et français qu'il a contribué à façonner.
Mobilisant toutes les sources disponibles, Georges Minois a entrepris, à travers la gangue accumulée par les siècles et les interprétations, de rendre chair et esprit au souverain carolingien dans les différents aspects de son existence et de son action. Au-delà du portrait précis et nuancé d'une personnalité exceptionnelle, ce sont quarante-cinq ans d'un règne aux dimensions inégalées depuis l'Empire romain qui sont ici reconstitués dans ses multiples développements. Charles le Grand est ainsi rendu, autant qu'il était possible, à sa véritable biographie, dont on comprend mieux pourquoi elle s'est transfigurée en un mythe, jusqu'à représenter le roi des Francs et des Lombards, empereur auguste, en père de l'Europe.

 Documentaire Charlemagne I/III [ARTE]

Documentaire Charlemagne II/III [ARTE]

Documentaire Charlemagne III/III [ARTE]

 


Alcuin (né dans le Yorkshire vers 735, et mort à Tours le 19 mai 804) est un poète, savant et théologien anglais qui écrivait en langue latine médiévale. L'un des principaux amis et conseillers de Charlemagne, il dirige la plus grande école de l'Empire carolingien, l'école palatine à Aix-la-Chapelle. Principal artisan de la Renaissance carolingienne1, Alcuin est selon Éginhard, « l'homme le plus savant de son temps ».

Livre - R - La Cité de Dieu - Saint Augustin

 Quand Rome est mise à sac (410 ans ap. J.-C.), un soupçon naît chez les Romains adversaires du christianisme : seraient responsable du déclin de Rome? Augustin relève le défi de cette interrogation. La force et l'originalité de La Cité de Dieu consistent à proposer un principe pour éclairer le jugement, pour comprendre des événements inédits qui instaurent de nouveaux équilibres. Augustin distingue en effet entre le devenir de deux cités : la cité de Dieu et la cité terrestre. Leur destin ne doit pas être confondu : le règne du Christ et la domination terrestre ne sont pas la même chose. La paix de Dieu et celle des hommes ne se recouvrent pas. La cité de Dieu est certes présente dans l'Église, et donc dans le monde : elle n'y est pas « réalisée » et ne le sera jamais. Bien au contraire, la cité de Dieu représente un principe critique par rapport à la cité de la terre. En celle-ci, tout - y compris donc l'empire romain - doit être relativisé, même si, dans la perspective du jugement dernier, tout garde une valeur unique. Le chrétien vit dans cette ambiguïté, constitutive pour lui, de deux histoires. Les résonances politiques, religieuses, culturelles de La Cité de Dieu, dont c'est la première traduction intégrale en « poche », ont été immenses dans l'histoire de l'Occident.

 


Pierre d'angle de la théologie et de la métaphysique occidentale, la Cité de Dieu est, avec Les Confessions (également édité en Pléiade par l'équipe de Lucien Jerphagnon), le deuxième livre-clé de saint Augustin. Si le premier relatait les étapes de sa conversion à la foi chrétienne, le second offre, pour la première fois, une véritable théologie de l'histoire. Sa rédaction, qui prendra treize années, s'enracine dans un événement tragique : la chute de Rome. En 410, en effet, la Ville éternelle est pillée par les barbares d'Alaric. L'onde de choc est immense et saint Jérôme écrit: "l'univers s'écroule." Si rien n'a pu protéger Rome, pas même les reliques des martyrs et les tombeaux des saints, où trouver alors de la protection ? Partant de cette interrogation, saint Augustin élargit le débat. Il réfute d'abord, avec une ironie souvent cinglante, la thèse païenne d'un drame suscité par l'abandon des anciens cultes puis élabore sa doctrine des deux cités. Deux cités, deux citoyennetés spirituelles, qui renvoient à deux royaumes, celui de la terre (symbole de la gloire passagère) et celui de Dieu (symbole de la sagesse éternelle) et dont l'affrontement résume l'histoire des hommes. Un face-à-face qu'il définit dans la phrase célèbre : "Deux amours ont bâti deux cités : celle de la terre par l'amour de soi jusqu'au mépris de Dieu, celle du ciel par l'amour de Dieu jusqu'au mépris de soi." Des vingt-deux livres de ce traité sortira toute la philosophie de l'histoire jusqu'à Hegel et Nietzsche.

 SAINT AUGUSTIN (354-430) – Une vie, une œuvre [1987]

Augustin d'Hippone 354-430v ou saint Augustin est un philosophe et théologien chrétien romain de la classe aisée, ayant des origines berbères, latines et phéniciennes.
Né d'un père païen et d'une mère chrétienne, Augustin reçut une éducation chrétienne mais ne fut pas baptisé. Après des études à Thagaste et à Madauros, il partit à Carthage pour devenir avocat, mais très vite abandonna toute ambition d'une carrière juridique pour se consacrer à l'enseignement et aux études.
D'après ses écrits, le jeune Augustin fut un élève précoce, amateur des classiques latins et notamment de Virgile. Sa passion pour la philosophie lui vint à dix-neuf ans après la lecture de "Hortensius" de Cicéron.
La philosophie et le manichéisme le firent renoncer à la foi chrétienne pendant neuf ans. Pendant cette époque, il vécut quinze ans avec une femme qui lui donna un fils, Adeodatus, en 372. En 383, il effectua le voyage risqué entre l'Afrique du Nord et Rome dans le but d'y trouver des étudiants supérieurs à ceux qu'il eut jusque-là. Si les étudiants y furent effectivement meilleurs que ceux de Carthage, ils eurent également la fâcheuse habitude de disparaître sans le payer. Il décida alors de postuler pour un poste de professeur de rhétorique à Milan.
Augustin abandonna toutefois rapidement son poste à Milan en 386, et sous l'influence d'Ambroise, évêque de Milan, et des textes néoplatoniciens de Plotin et de Porphyre, il se convertit quasiment en même temps au catholicisme et au néoplatonisme. Le dimanche de Pâques 387, au sortir de quatre mois de doutes et d'écritures à Cassiciacum, Augustin fut baptisé par Ambroise et renonça à la vie séculaire. Peu de temps après, il revint en Afrique. Il perdit sa mère à Ostie pendant le voyage de retour, et une fois à Thagaste, perdit son fils en 389.
A son retour en Afrique, il mena une vie quasi-monastique et en 391, alors qu'il visitait la ville d'Hippone, il fut ordonné prêtre puis devint évêque de cette ville en 395. Il prêcha et écrivit et resta dans ce diocèse jusqu'à la fin de ses jours.

Ses livres les plus connus sont : "Les Confessions" et "La Cité de Dieu". 

 

 

Livre - H - La chanson de Roland

 


La Chanson de Roland est un poème épique et une chanson de gestenote du XIe siècle attribuée parfois, sans certitude, à Turold (la dernière ligne du manuscrit dit : Ci falt la geste que Turoldus declinet). Neuf manuscrits nous sont parvenus, dont un, le manuscrit d'Oxford du début du XIIe siècle, le plus ancien et le plus complet, est en anglo-normand. Ce dernier, identifié en 1835, est considéré par les historiens comme le manuscrit d'autorité. C'est donc lui que l'on désigne quand on parle sans autre précision de la Chanson de Roland.



La Chanson de Roland comporte 4 002 vers (dans sa version la plus ancienne ; elle en compte 9 000 dans un manuscrit de la fin du XIIIe siècle) en ancien français répartis en laisses assonancées, transmises et diffusées en chant par les troubadours et jongleurs. Elle s'inspire, trois siècles après, du combat fatal dans les Pyrénées du chevalier Roland, préfet de la Marche de Bretagne et de ses compagnons d'armes contre une force toujours identifiée avec difficulté, possiblement des Basques. 


 



Les Annales du Royaume des Francs (Annales regni Francorum), chroniques de l'époque, ne mentionnent sciemment aucune défaite, seulement une expédition victorieuse en Espagne. C'est une vingtaine d'années après qu'est ajoutée une embuscade, à l'initiative des Basques, dans laquelle des personnes de haut rang périssent sans qu'elles soient nommées. Éginhard est plus précis dans sa Vita Karoli Magni, il évoque lui aussi les Basques et une description plus fournie des évènements lors de la traversée des Pyrénées : « dans ce combat furent tués, parmi bien d'autres, Eggihard, préposé à la table royale, Anselme, comte du palais, et Roland, préfet de la Marche de Bretagne ». 

 Quelques années plus tard, dans la Vita Hludovici de L'Astronome, le combat est rapporté, mais les protagonistes restent anonymes : « [...] les derniers corps de l'armée royale furent massacrés sur ce même mont Pyrénée. Les noms de ceux qui périrent étant connus, je me suis dispensé de les dire »

Du texte fondateur, de l'admirable chef-d'œuvre, après tant d'éminentes traductions, en voici donc une nouvelle.
Celle-ci donne enfin à lire le fabuleux récit dans sa verdeur originelle, dans le rythme régulier qui scande inexorablement l'aventure et le destin des personnages, dans les vers décasyllabes donc que le mystérieux auteur destinait à la récitation publique. On lit comme écoutait l'auditeur médiéval, on retrouve cette marche sublime, cette implacable foulée.
Cette nouvelle traduction est écrite pour se laisser lire comme un texte d'aujourd'hui : on comprend d'emblée, sans être gêné par une écriture esclave de son modèle, sans la digression des notes ni la surcharge des apparats critiques. Elle s'adresse au lecteur, non pas au spécialiste.
Le seul élément étranger au texte est une rapide présentation qui permettra de n'avoir plus, au fil de la lecture, à se poser d'autres questions que celles que suggèrent la beauté de l'histoire et la grandeur des héros

 

 

TUROLD – La Chanson de Roland, extraits lus par Denis Podalydès (Festival d'Avignon, 2013)

Un lecture de 'La chanson de Rolland', par extraits, dans la traduction de Frédéric Boyer, par Denis Podalydès de la Comédie-Française, enregistrée à Avignon le 21 Juillet 2013.

Livre - H - Berthe au grand pied - Martina Kempff

 Été 741. À la mort de Charles Martel, sa charge de maire du palais est partagée, selon la tradition franque, entre ses deux fils : Carloman devient maire du palais d’Austrasie (nord-est de la France actuelle) et obtient l’Alémanie et la Thuringe ; Pépin le Bref devient maire du palais de Neustrie (nord-ouest de la France actuelle) et obtient la Provence et la Bourgogne. Alors, les souverains mérovingiens - les fameux "rois fainéants" - n’ont plus aucune autorité, et ce sont bien les deux maires du palais qui dirigent le royaume franc, fondant rapidement la dynastie carolingienne.

Accompagnée d’une escorte somptueuse, Bertrade fait route pour Saint-Denis où Pépin, le fils de Charles Martel, l’attend pour célébrer leurs noces. Toutefois, par un concours de circonstances dramatique et une intrigue démoniaque dont il va être victime, Pépin conduit une autre jeune fille au pied de l’autel. Pourtant, quelques années plus tard, Bertrade, fille du comte de Laon, devient l’une des femmes les plus puissantes de ce début de Moyen Âge. Ainsi, le nouveau livre de Martina Kempff raconte la vie de Bertrade de Laon, épouse de Pépin le Bref et mère de Charlemagne, restée dans les mémoires sous le sobriquet de « Berthe au grand pied », dénomination peu valorisante pour cette femme tout à fait hors du commun. L’action se déroule essentiellement dans l’Eifel - région proche des Ardennes -, plus précisément à Prüm, un couvent fondé par Dame Bertha - Bertrade l’ancienne, la grand-mère de Bertrade -, et dans le château de Mürlenbach. C’est ici, dans cette partie reculée de l’Allemagne proche d’Aix-la-Chapelle, que Martina Kempff s’est retirée pour faire revivre « Berthe au grand pied ». Le roman progresse jusqu’à la mort de Carloman (771), le fils cadet de Bertrade et Pépin, qui permet à Charles (le futur Charlemagne) de s’emparer des possessions de son frère défunt. Ceci conduit à la rupture définitive entre Charles et sa mère, qui se retire dans le couvent de Prüm.

Ce roman historique, particulièrement palpitant, entraîne le lecteur dans les premiers temps du Moyen Âge lorsque, après la mise à l’écart des Mérovingiens, s’engage une lutte sans merci pour le pouvoir aux frontières du royaume franc. On assiste à l’expansion du christianisme et à la naissance chaotique de la dynastie carolingienne, dont Bertrade est la cheville ouvrière, soulignant le rôle essentiel des femmes dans l’établissement du royaume carolingien.

Ce sont les femmes fortes qui intéressent Martina Kempff. Comme dans son premier grand succès, Die Marketenderin - La vivandière -, le roman s’appuie sur des recherches approfondies et sur une trame historique remarquablement fidèle. Son style clair, précis et extrêmement vivant lui permet de mêler, avec une habileté prodigieuse, les détails parfaitement documentés sur cette époque sombre et la fiction poétique, plongeant le lecteur dans un pan de l’Histoire assez méconnu. L’auteur parvient à montrer les enjeux que représente, à cette époque, la réunification du royaume franc, en même temps que sont posées les bases de l’Empire carolingien et la christianisation de l’Europe occidentale.

Pour faciliter sa compréhension, l’ouvrage possède un appareil critique comportant une carte du royaume franc au moment des événements, un arbre généalogique des divers participants, un lexique des personnages et un glossaire.


Bertrade de Laon, ou Berthe de Laon, traditionnellement appelée Berthe au Grand Pied, née vers 720 à Samoussy[réf. à confirmer], morte le 12 juillet 783 à Choisy-au-Bac près de Compiègne1, est une aristocrate franque de l'époque carolingienne, épouse de Pépin le Bref et mère des rois des Francs, Charlemagne et Carloman I. La légende raconte qu'on la nomme ainsi car elle serait née avec un pied bot.


Martina Kempff est née en 1950 à Stuttgart
En 1998 elle publie son premier roman historique, histoire d'une vivandière pendant la campagne de Russie de Napoléon
l'auteur de romans historiques et policiers.
Berthe au grand pied, est son premier roman traduit en français.et a connu un vif succès en Allemange

Vocabulaire - Syndrome de l'imposteur

 Les personnes atteintes du syndrome de l'imposteur, appelé aussi syndrome de l'autodidacte, phénomène de l'imposteur, expérienc...