"J'ai formé le projet de te raconter ma vie." Sur son lit de mort,
l'empereur romain Hadrien (117-138) adresse une lettre au jeune Marc
Aurèle dans laquelle il commence par donner "audience à ses souvenirs".
Très vite, le vagabondage d'esprit se structure, se met à suivre une
chronologie, ainsi qu'une rigueur de pensée propre au grand personnage.
Derrière l'esthète cultivé et fin stratège qu'était Hadrien, Marguerite
Yourcenar aborde les thèmes qui lui sont chers : la mort, la dualité
déroutante du corps et de l'esprit, le sacré, l'amour, l'art et le
temps. À l'image de ce dernier, ce "grand sculpteur", elle taille,
façonne, affine avec volupté chacun des traits intérieurs du grand homme
à qui elle fait dire : "Je compte sur cet examen des faits pour me
définir, me juger peut-être ou tout au moins pour me mieux connaître
avant de mourir."
Marguerite Yourcenar trouva un jour, dans la Correspondance de Flaubert, une phrase inoubliable :
« Les dieux n'étant plus, et le Christ n'étant pas encore, il y a eu, de
Cicéron à Marc Aurèle, un moment unique où l'homme seul a été. »
Et l'auteur des Mémoires d'Hadrien ajoute :
« Une grande partie de ma vie allait se passer à essayer de définir,
puis à peindre, cet homme seul et d'ailleurs relié à tout. »
Traduit dans seize langues, salué par la presse du monde entier, les
Mémoires d'Hadrien n'ont jamais cessé, depuis leur publication en 1951,
d'entraîner de nouveaux lecteurs vers cet Empereur du IIe siècle, cet «
homme presque sage » qui fut, en même temps qu'un initiateur des temps
nouveaux, l'un des derniers libres esprits de l'Antiquité.
Les Mémoires d'Hadrien, de Marguerite Yourcenar
Le roman fut publié en 1951. A cette époque, la future académicienne a déjà publié plusieurs romans et nouvelles, et s'est notamment fait remarquer pour ses traductions de Virginia Woolf ou encore d'Henry James. Mais cela fait plus de vingt-cinq ans que Marguerite Yourcenar a un projet en tête : écrire les méditations du plus humaniste des empereurs romains, Hadrien... Le manuscrit initial, rédigé autour de 1925, avait à l'époque été refusé par plusieurs éditeurs. Marguerite Yourcenar, dépitée, avait alors détruit toutes les ébauches de ce roman... Elle s'y remet donc des années plus tard, et le manuscrit maudit devient un livre incontournable, au succès international... Elle avouera dans ses Carnets de notes : "J'étais trop jeune. Il est des livres qu'on ne doit pas oser avant d'avoir dépassé quarante ans. On risque, avant cet âge, de méconnaître l'existence des grandes frontières naturelles qui séparent l'infinie variété des êtres ". Avec Les Mémoires d'Hadrien , elle nous offre davantage qu'un simple récit historique : ce roman est en fait le portrait d'une voix qui va s'éteindre, et qui n'a plus rien à perdre. L'amour, la mort, le pouvoir, le bonheur et les regrets : avec ce roman, on comprend "ce qu'un homme a cru être, ce qu'il a voulu être, et ce qu'il fût ". Avec la voix de Marguerite Yourcenar (archives INA) Les références La ville s'endormait par Jacques Brel(Universal Music Division Barclay) Les Mémoires d'Hadrien écrit par Marguerite Yourcenar(Folio Gallimard) 5 juillet 2013 Guillaume Gallienne
En créant le personnage de Zénon, alchimiste et médecin du XVIe siècle, Marguerite Yourcenar, l’auteur des Mémoires d’Hadrien, ne raconte pas seulement le destin tragique d’un homme extraordinaire. C’est toute une époque qui revit dans son infinie richesse, comme aussi dans son âcre et brutale réalité ; un monde contraste où s’affrontent le Moyen Age et la Renaissance, et où pointent déjà les temps modernes, monde dont Zénon est issu, mais dont peu à peu cet homme libre se dégage, et qui pour cette raison finira par le broyer.
L’œuvre au Noir a obtenu en 1968 le prix Femina à l’unanimité. Ce livre a été traduit en quinze langues.



Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire